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Patrice Chéreau est un Acteur, Réalisateur, Scénariste et Producteur Français né le 2 novembre 1944 à Lézigné (France)

Patrice Chéreau

Patrice Chéreau
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Nationalité France
Naissance 2 novembre 1944 à Lézigné (France)
Mort 7 octobre 2013 (à 68 ans) à Paris (France)

Patrice Chéreau, né le 2 novembre 1944 à Lézigné (Maine-et-Loire) et mort à Clichy (Hauts-de-Seine) le 7 octobre 2013, est un metteur en scène de théâtre et d'opéra, réalisateur, scénariste, producteur de cinéma et acteur français. Ses travaux combinent recherches plastiques, réflexions politiques et exploration des obsessions humaines.

Au cours de sa carrière, il sera resté fidèle à ses plus proches collaborateurs : Jacques Schmidt, puis Caroline de Vivaise et Moidele Bickel pour les costumes, Richard Peduzzi pour les décors, André Diot aux lumières et André Serré au son.

Une place porte désormais son nom à Nanterre, située devant la nouvelle gare de Nanterre-Université.

Biographie

Jeunesse
Patrice Chéreau, né le 2 novembre 1944, à Lézigné (Maine-et-Loire), est le fils cadet de Jean-Baptiste Chéreau, artiste-peintre et Marguerite Pélicier, illustratrice.

Il est un descendant d'Edmé Brière de l'Isle (1779-1849) — par ailleurs père du général Brière de l'Isle — qui eut trois fils de Cythère, une jeune métisse libre, enfants qu'il devait ultérieurement reconnaître. L'un de ces trois garçons (Louis Thomas Laurent, 1809-1869) est l'ancêtre de Patrice Chéreau.

Installés à Paris, ses parents le sensibilisent à l'art et la culture en l'emmenant régulièrement visiter des expositions et assister à divers spectacles. Il entre au lycée Montaigne puis au lycée Louis-le-Grand et rejoint la troupe de théâtre de son établissement. Être acteur ne lui suffit pas : il met en scène les spectacles de lycéens et se lance dans la conception des décors et des costumes. Par la suite, il étudie l'allemand et les lettres classiques. Il obtient une licence d'allemand avant de se consacrer définitivement à la scène.


Les débuts au théâtre
En 1966, à 22 ans, dans la France d'avant-mai 68, il prend la direction du Théâtre de Sartrouville. Comme la plupart de ses compagnons, il s'engage dans un théâtre politique où il affiche des positions affirmées. En 1965, il met en scène L'Héritier de village de Marivaux puis l'année suivante une pièce d'Eugène Labiche : L'Affaire de la rue de Lourcine. Chéreau divise et compte déjà autant d'adeptes que d'ennemis. Il assure également la mise en scène des Soldats de Jakob Michael Reinhold Lenz, en 1967, qui reçoit le prix du Concours des jeunes compagnies.

À Sartrouville, il s'entoure du décorateur Richard Peduzzi, de l'éclairagiste André Diot et du costumier Jacques Schmidt pour monter deux pièces chinoises (La Neige au milieu de l'été et Le Voleur de femmes) qui marquent les esprits pour leurs décors mélangeant plates-formes, poulies et passerelles.

La faillite, en 1969, du Théâtre de Sartrouville le pousse vers l'Italie, où il intègre le Piccolo Teatro de Milan, à la demande de Paolo Grassi. En Italie, Chéreau subit l'influence de Giorgio Strehler qu'il considère comme son seul maître. Il travaille en même temps en France où il se met en scène, à Marseille, dans Richard II de William Shakespeare. Il monte également une nouvelle version de Don Juan de Molière à Lyon. Ces deux spectacles montrent à nouveau le soin maniaque qu'il accorde aux décors : ils constituent une machine faite pour « tuer le libertin » dans la seconde pièce et une « machine-piège » dans la première où Chéreau fait du protagoniste un enfant vulnérable, perdu et seul.

De 1971 à 1977, il dirige avec Roger Planchon et Robert Gilbert le Théâtre national populaire de Villeurbanne auquel il donne de nouvelles ambitions, proches des idéaux de mai 68. Il y met notamment en scène Massacre à Paris de Christopher Marlowe où la scénographie et les lumières animent une série de tableaux baroques sur la nuit de la Saint-Barthélemy : machinerie infernale, cadavres répandus dans une eau noire où apparaissent les fragments d'une lune brisée et où résonnent les pas de clowns macabres…


la consécration au théâtre
En 1973, sa mise en scène de La Dispute de Marivaux au Théâtre de la Gaîté le met à l'égal de ses aînés Planchon et Vitez.
Son fécond travail de metteur en scène est rapidement et très largement reconnu en Europe pour son goût de l'innovation esthétique, des grands décors et de l'image fastueuse. Son inspiration visuelle et son lyrisme laissent une place importante au mystère, à la fantasmagorie et à l'hyper-expressivité des corps, mêlant sensualité et jeu d'acteurs archaïque (expressions grotesques, maquillage outrancier, gestes violents ou ritualisés…). Chéreau est également perçu comme un metteur en scène de l'hystérie, de la transe et du corps à corps. Comme ses confrères Bernard Sobel, Ariane Mnouchkine, Roger Planchon et Giorgio Strehler, il est l'héritier de Bertolt Brecht pour la notion de distanciation et d'art engagé et d'Antonin Artaud pour l'idée de théâtre de la cruauté; Chéreau franchit, pour certains critiques, une étape décisive dans la représentation théâtrale et donne une nouvelle signification à l'espace scénique tant par la réflexion artistique qu'il propose que par l'immense succès que rencontrent ses créations. Son univers plastique trouve une sphère d'influence assez large : il reconnaît notamment l'expressionnisme allemand et l'œuvre d'Orson Welles et Sergueï Eisenstein (qu'il découvre dans sa jeunesse à la Cinémathèque de la rue d'Ulm) comme des modèles fondateurs.


Premiers films
Pour Chéreau, le cinéma garde en commun avec le théâtre l'unité de lieu et de temps : les scènes deviennent à l'écran des séquences. Mais pour lui, le cinéma permet de mieux mettre en valeur les émotions picturales de son enfance et de mieux illustrer les tourments de l'âme. Il invente donc un cinéma singulier et exigeant, sensible à certaines recherches stylistiques et oscillant entre grand spectacle, film d'auteur et intimisme. Ses réalisations cinématographiques ne sont reconnues que tardivement. Son premier long métrage, La Chair de l'orchidée, adapte avec liberté, en 1974, le roman éponyme de James Hadley Chase et élabore un univers à la lisière du fantastique, privilégiant les thèmes du désir, de la folie et de la mort, lui apporte un succès d'estime mais peu de succès auprès du grand public.

Son deuxième film, en 1978, Judith Therpauve avec Simone Signoret dans le rôle-titre, bien que dense et ancré dans une réalité sociale contemporaine, semble pourtant être son œuvre la moins aboutie. Ces films ont peu de succès en raison de leur mise en scène encore très théâtrale.


Les Amandiers
Au théâtre, en 1982, Chereau met en scène sur deux soirées au Théâtre de la Ville, Peer Gynt d'Henrik Ibsen, qui révèle Dominique Blanc, son actrice fétiche.
De 1982 à 1990, Chéreau dirige avec Catherine Tasca, la Maison de la culture de Nanterre, devenue Théâtre Nanterre-Amandiers, Centre dramatique national à son arrivée. En 1983, après Combat de nègre et de chiens, de son ami Bernard-Marie Koltès dont il fait connaître l'œuvre, il monte Les Paravents de Jean Genet en farce sulfureuse, utilisant la salle comme extension de la scène. Le décorateur Richard Peduzzi y représente un cinéma de Barbès, inquiétant et délabré.

Chéreau alterne ensuite avec bonheur le classique (Marivaux, Mozart…) et le contemporain (Heiner Müller, Koltès…), s'amusant à malmener la noblesse du XVIII siècle, vue comme futile et vaniteuse (Lucio Silla, La Fausse Suivante, Quartett). Il trouve également le temps de se consacrer à sa carrière d'acteur, interprétant Camille Desmoulins dans Danton d'Andrzej Wajda et Napoléon dans Adieu Bonaparte de Youssef Chahine.

Durant cette période, il réalise son film le plus personnel, L'Homme blessé en 1983, qui trahit l'influence de Jean Genet, Rainer Werner Fassbinder et Pier Paolo Pasolini. L'œuvre dérange pour sa peinture désenchantée d'une époque puis par l'évocation d'une crise d'identité sexuelle et du milieu de la prostitution masculine. Pour ce film, il obtient, avec Hervé Guibert, le César du meilleur scénario original en 1984.

En 1982, il se dote de la casquette de producteur de cinéma, en fondant la société de production Azor Films, qui coproduira bon nombre de ses réalisations jusqu'à son décès.

En 1987, il présente au Festival de Cannes Hôtel de France, transposition du Platonov d'Anton Tchekhov dans une époque moderne. Le film est interprété par la jeune génération des comédiens formés aux Amandiers dont Valeria Bruni Tedeschi, Laurent Grévill, Bruno Todeschini, Marianne Denicourt, Agnès Jaoui et Vincent Pérez.

L'année suivante, il montre au Festival d'Avignon sa mise en scène d'Hamlet de Shakesperare qui fait date pour la prestation de Gérard Desarthe dans le rôle-titre puis pour l'inclusion de morceaux de musique contemporaine dans le déroulement de la tragédie. Le travail de Chéreau est récompensé par un Molière en 1989. C'est à cette époque que Pascal Greggory devient son compagnon et l'un de ses acteurs fétiches.


La Reine Margot
À la fin de la saison 1989-1990, Chéreau quitte le théâtre des Amandiers. Il se consacre à l'opéra, met en scène au Théâtre de l'Odéon Le Temps et la chambre de Botho Strauss avec Anouk Grinberg (Molière du meilleur spectacle du théâtre public en 1992) et se plonge dans la préparation d'une fresque cinématographique sur le massacre de la Saint-Barthélemy, La Reine Margot. Tourné sur plus de six mois et nécessitant un budget colossal, ce film à grand spectacle, sanglant et porté par l'interprétation d'Isabelle Adjani dans le rôle-titre, revient sur l'extinction des Valois du trône de France et s'inspire d'un roman-feuilleton d'Alexandre Dumas, consacré au mariage d'Henri de Navarre, futur Henri IV à Marguerite de France et aux amours supposés de cette dernière avec le marquis Joseph Boniface de La Môle.

Pour ce projet de longue date dont Claude Berri est le producteur et qui manque d'être abandonné à plusieurs reprises, Chéreau sollicite Danièle Thompson avec laquelle il coécrit le scénario sur plusieurs années, souhaitant, selon ses dires, éviter l'académisme des reconstitutions historiques pour revendiquer une filiation avec le film de gangsters et la saga mafieuse dans le sillage de Francis Ford Coppola et Martin Scorsese. Il déclare : « C’est avec La Reine Margot que j’ai appris à faire du cinéma. ».

D'une ambition esthétique manifeste, l'œuvre est jugée par son auteur plus « élisabéthaine » que « shakespearienne » et proche de Marlowe pour l'idée d'une violence sourde, prête à jaillir à tout moment. Si le film puise autant son inspiration dans le théâtre et la littérature que la peinture (Francisco de Goya, Théodore Géricault, Francis Bacon), il cherche également à s'inscrire dans la lignée d'un cinéma d'auteur de prestige mêlant famille, pouvoir, folie, décadence, sexe et barbarie à l'instar de L'Impératrice rouge de Josef von Sternberg, Ivan le Terrible de Sergueï Eisenstein, Macbeth d'Orson Welles, Les Damnés de Luchino Visconti ou encore Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog.

Le film est exploité sur deux versions : l'une française d'un peu moins de trois heures et l'autre internationale, raccourcie de vingt minutes. La Reine Margot reçoit un accueil critique mitigé lors de sa sortie, qui coïncide avec sa présentation au 47e Festival de Cannes, certains lui reprochant son emphase et sa théâtralité. Il devient néanmoins le succès public le plus important de Chéreau et rassemble plus de deux millions de spectateurs en salles. Deux récompenses lui sont décernées à Cannes en 1994 : le Prix du Jury et le Prix d'interprétation féminine pour Virna Lisi qui tient le rôle de Catherine de Médicis. L'année suivante, La Reine Margot gagne cinq trophées lors de la 20e cérémonie des Césars dont ceux de la meilleure actrice pour Isabelle Adjani et des meilleurs seconds rôles féminin et masculin pour Virna Lisi et Jean-Hugues Anglade. Le succès du film vaut à Chéreau plusieurs propositions de la part d'Hollywood, qu'il décline, préférant travailler en France et en toute liberté.


La maturité

En 1995, Chéreau met en scène et interprète en compagnie de Pascal Greggory une seconde version de Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès à l'Odéon. Sa mise en scène est récompensée d'un nouveau Molière l'année suivante.

Il réalise, en 1998, Ceux qui m'aiment prendront le train qui convie le spectateur à vivre une journée particulière dans la vie d'une quinzaine de personnages en crise, rassemblés dans un train pour Limoges pour se rendre à un enterrement. Sur la base d'une histoire coécrite une nouvelle fois avec Danièle Thompson, le metteur en scène y dévoile l'acuité de son regard sur les conflits intimes et familiaux et y diffuse une tension dramatique, représentative de son style. Le film est sélectionné au 51e Festival de Cannes et se voit décerner trois Césars : Meilleur réalisateur, Meilleur second rôle pour Dominique Blanc et Meilleure photographie pour Éric Gautier.

En 2000, il tourne, pour la première fois à l'étranger et en anglais, Intimité, tiré de certains récits d'Hanif Kureishi, qui rencontre le succès auprès du public. Absent de la sélection cannoise, le film remporte l'Ours d'or à Berlin en 2001 et vaut à Kerry Fox l'Ours d'argent de la meilleure actrice. Il obtient également le Prix Louis-Delluc en 2002. Ce drame traite de l'échec d'une relation amoureuse et prend pour trame de départ l'histoire de deux personnes égarées ne connaissant rien l'une de l'autre mais réunies chaque semaine pour avoir des rapports sexuels.

Chéreau met ensuite en scène, fin 2002, l'un de ses plus grands triomphes, aux Ateliers Berthier du Théâtre de l'Odéon : Phèdre de Jean Racine. Sa mise en scène fait exploser la diction de l'alexandrin classique. Le rôle-titre est confié à Dominique Blanc et celui de Thésée à Pascal Greggory. La pièce reçoit trois Molières dont ceux du meilleur spectacle du théâtre subventionné et du meilleur second rôle pour Michel Duchaussoy.

En 2003, avec la sortie de Son frère, adapté d'un roman de Philippe Besson (Ours d'argent à Berlin), il dépeint avec pudeur et retenue le drame d'une famille divisée face à la mort imminente d'un de ses membres. La même année, il est le président du jury du Festival de Cannes qui attribue la Palme d'or à Elephant de Gus Van Sant.


L'opéra

À partir de 1969, Chéreau se lance dans la mise en scène d'opéra. Il monte cette année-là L'Italienne à Alger de Gioachino Rossini sous la direction musicale de Thomas Schippers au Festival des Deux Mondes de Spolète. En 1974 puis en 1980, il supervise Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach avec Georges Prêtre à la baguette, pour l'Opéra de Paris.

En 1976, à la demande de Pierre Boulez et sous sa direction musicale, il met en scène dans le palais des festivals de Bayreuth, « sanctuaire » de la musique de Richard Wagner (construit selon ses vues en 1876), les quatre opéras qui constituent la Tétralogie du compositeur allemand. Sa mise en scène, révolutionnaire pour l'époque, transpose le mythe nordique des Nibelungen dans le XIX siècle industriel et capitaliste contemporain de Wagner.

Le 20 août 1977, pendant une représentation de Siegfried, 2e journée de L'Anneau du Nibelung, René Kollo, qui tient le rôle titre et s'est précédemment foulé une cheville ou cassé un pied (au cours d'une partie de pêche), est remplacé par Chéreau qui assure la mise en scène. En l'absence de doublure, ce dernier « mime » le rôle sur scène, pendant que le ténor interprète la partie chantée depuis les coulisses. L'annonce de ce remplacement partiel récolte des applaudissements nourris en même temps que des sifflets et des huées, les uns et les autres renouvelés à la fin du premier acte et lorsque les deux Siegfried viennent saluer à l'issue du spectacle, mais néanmoins suivis de trente-cinq minutes d'applaudissements seuls.

Surnommée « le Ring du centenaire », cette version de l'Anneau des Nibelungen, signée par Chéreau et Boulez, provoque un scandale lors des premières représentations, avant d'être diffusée sur les télévisions du monde entier, puis de rendre son metteur en scène célèbre sur le plan international et d'être finalement saluée par quatre-vingt-cinq minutes d'applaudissements et cent-un levers de rideau, lors de la dernière représentation, le 26 août 1980.

En 1979, Pierre Boulez fait à nouveau appel à Chéreau pour la mise en scène de Lulu d'Alban Berg avec la soprano Teresa Stratas dans le rôle-titre. Leur collaboration dans ce spectacle fait date une nouvelle fois. En 1984-1985, il met en scène Lucio Silla de Wolfgang Amadeus Mozart sous la direction musicale de Sylvain Cambreling à la Scala de Milan. Le spectacle est repris au Théâtre des Amandiers de Nanterre et au Théâtre de La Monnaie de Bruxelles.

Après son départ des Amandiers à la fin de la saison 1989-1990, il monte en 1992 au Théâtre du Châtelet, sous la direction musicale de Daniel Barenboïm, Wozzeck d'Alban Berg, avec la soprano Waltraud Meier, sa muse durant les vingt dernières années de sa vie. La production est reprise entre 1992 et 1994 à l'Opéra d'État de Berlin puis à Tokyo. Il signe ensuite la mise en scène du Don Giovanni de Mozart pour le festival de Salzbourg en 1994, de nouveau sous la direction de Daniel Barenboïm, avec, entre autres, la mezzo-soprano Cecilia Bartoli.

En 2005, il met en scène Cosi fan tutte de Mozart sous la direction musicale de Daniel Harding au festival d'Aix-en-Provence. Le spectacle est repris à l'Opéra de Paris puis au festival de Vienne. Il retrouve Pierre Boulez en 2007 pour De la maison des morts de Leoš Janáček au Wiener Festwochen puis au Festival d'Aix-en-Provence. En décembre 2007, il met en scène Tristan et Isolde de Richard Wagner à la Scala de Milan, dirigé par Daniel Barenboïm, avec la soprano Waltraud Meier dans le rôle d'Isolde. Ce spectacle est aujourd'hui une référence de mise en scène pour le métier, la critique et le public.

En juillet 2013, sa mise en scène d'Elektra de Richard Strauss triomphe au festival d'Aix-en-Provence, dans des décors de Richard Peduzzi, sous la baguette d'Esa-Pekka Salonen qui dirige l'Orchestre de Paris et avec, dans les rôles principaux, Evelyn Herlitzius , Waltraud Meier, Adrianne Pieczonka , Mikhail Petrenko et Tom Randle.


Les dernières années
En 2005, il revient au film en costumes avec Gabrielle, adapté d'une nouvelle de Joseph Conrad, qui plonge Pascal Greggory et Isabelle Huppert dans le néant sentimental d'un couple de bourgeois du début du XX siècle. Ce huis clos, porté par des dialogues énigmatiques et une atmosphère sépulcrale, développe une esthétique post-moderne, alternant le noir et blanc et la couleur et utilisant des cartons de cinéma muet. Sur le plan thématique et visuel, le film fait également référence à Marcel Proust, Anton Tchekov, Ingmar Bergman, Luchino Visconti et l'opéra expressionniste. L'œuvre est sélectionnée à Venise en 2005 où Isabelle Huppert obtient un prix spécial. Puis Gabrielle reçoit deux Césars l'année suivante.

En 2006, le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres le nomme président de la Fémis, qu'il quitte quelques mois plus tard, « la mort dans l'âme », au motif d'un emploi du temps surchargé. Le cinéaste Claude Miller lui succède à ce poste.

En mars 2008, il a fait partie de la commission présidée par Hugues Gall et chargée par Christine Albanel, alors ministre de la Culture, de pourvoir le poste de directeur de la Villa Médicis à Rome.

Fin 2008, il retrouve sa complice Dominique Blanc dans La Douleur, d'après Marguerite Duras, spectacle à mi-chemin entre le théâtre et la lecture qu'il monte au Théâtre de Nanterre. Pour sa prestation, Blanc est récompensée d'un Molière en 2010.

En 2009, il présente Persécution, son nouveau film, à la Mostra de Venise.

En 2010, Chéreau est invité à concevoir une exposition au musée du Louvre. Il met alors en scène, dans une scénographie particulière qui évoque à la fois l'histoire de la peinture et son univers intime, une quarantaine de tableaux issus des collections du musée du Louvre, du Centre Georges-Pompidou et du musée d'Orsay. Pour l'occasion, il donne, au Louvre, une représentation exceptionnelle de Rêve d’automne de Jon Fosse avec Valeria Bruni-Tedeschi, Pascal Greggory, Bulle Ogier, Marie Bunel, Michelle Marquais, Clément Hervieu-Léger, Alexandre Styker et Bernard Verley. Le spectacle obtient trois Molières en 2011 dont celui de la meilleure comédienne dans un second rôle pour Bulle Ogier.

Il travaille sur l'adaptation d'un roman de Laurent Mauvignier, Des hommes, et à la mise en scène de Comme il vous plaira, de William Shakespeare, prévue aux Ateliers Berthier de l'Odéon-Théâtre de l'Europe en mars 2014.


Décès et obsèques

Patrice Chéreau meurt d'un cancer du poumon à 68 ans, en octobre 2013, à Clichy.

Ses obsèques ont lieu le 16 octobre, lors d'une cérémonie à l'église Saint-Sulpice, auxquelles assistent de très nombreuses personnalités des arts, du spectacle, des médias, des lettres et de la politique.

Lors de son homélie, Alain-Christian Leraître, curé de la paroisse de Saint-André de l'Europe, évoque « l'homme d'Au commencement était le Verbe ».

L'organiste Daniel Roth est à la tribune. On entend, au cours de la bénédiction, deux extraits du recueil des Wesendonck-Lieder de Richard Wagner : Im Treibhaus (Dans la serre) et Träume (Rêves), chantés (avec accompagnement de piano) par la soprano Waltraud Meier, avec qui Patrice Chéreau a travaillé à de nombreuses reprises pendant vingt ans, et également pendant l'été 2013. On entend aussi un extrait de la cantate de Bach Ich habe genug sur un texte d'inspiration luthérienne, interprété par le baryton Stéphane Degout, accompagné (dans une réduction au piano) par Bernard Foccroulle, également organiste et directeur du Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, où Chéreau a créé, l'été 2013, sa dernière mise en scène (Elektra de Richard Strauss).

Plusieurs comédiens sont invités à lire des textes .

Patrice Chéreau est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, chemin de La Bedoyère.


Engagement politique
En 1962, Chereau participe à la manifestation organisée par la gauche et réprimée à la station de métro Charonne. Aux élections présidentielles de 1981 et 1988, il appelle à voter François Mitterrand, puis Lionel Jospin à celles de 1995 et 2002 et Ségolène Royal en 2007. Lors de la primaire de 2011, en vue de la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012, il apporte son soutien à Martine Aubry.

Dans le Monde du 23 mai 1977, Chéreau lance un appel pour la révision du code pénal à propos des relations mineurs-adultes. Cet appel réclame une réécriture des dispositions du code pénal concernant les relations sexuelles entre adultes et mineurs de quinze ans afin de les rendre moins strictes.

Ses meilleurs films

La Reine Margot (1994)
(Réalisateur)
Lucie Aubrac (1997)
(Acteur)
Danton (1983)
(Acteur)

Le plus souvent avec

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Filmographie de Patrice Chéreau (18 films)

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Acteur

Le Temps du loup, 1h53
Réalisé par Michael Haneke
Origine France
Genres Drame
Thèmes L'enfance, La fin du monde, Film post-apocalyptique, Religion, Théâtre, Le futur, Politique, Adaptation d'une pièce de théâtre, Dystopique, Film catastrophe
Acteurs Isabelle Huppert, Maurice Benichou, Béatrice Dalle, Brigitte Roüan, Patrice Chéreau, Daniel Duval
Rôle Monsieur Brandt
Note65% 3.298483.298483.298483.298483.29848
Après une catastrophe, une famille tente de rejoindre sa maison de campagne. Mais celle-ci est occupée par des inconnus qui menacent la famille et tuent le père. La mère et ses enfants s'enfuient alors et essaient de survivre, même si personne ne semble vouloir les aider.
Au plus près du paradis, 1h40
Réalisé par Tonie Marshall
Origine France
Genres Drame, Romance
Acteurs Catherine Deneuve, William Hurt, Bernard Le Coq, Gilbert Melki, Hélène Fillières, Nathalie Richard
Rôle Pierre
Note54% 2.7131052.7131052.7131052.7131052.713105
Inspiré et portant de fréquentes citations du film culte de Leo MacCarey, dans sa deuxième version, Elle et lui (An affair to remember) avec Deborah Kerr et Cary Grant, ce film montre une Catherine Deneuve omniprésente (pratiquement aucune scène sans elle) mais volontairement déstabilisée (et déstabilisante) par la mise en scène et un rôle un peu flottant où elle ne cesse de courir derrière une silhouette, un rêve d'amour évanouis.
Le temps retrouvé, 2h49
Réalisé par Raoul Ruiz
Origine France
Genres Drame
Acteurs Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, John Malkovich, Marie-France Pisier, Vincent Pérez, Pascal Greggory
Rôle Voice of Marcel Proust
Note67% 3.3986353.3986353.3986353.3986353.398635
En feuilletant nostalgiquement son album de photos, le narrateur de la Recherche, très malade et alité, voit défiler sa vie.
Lucie Aubrac, 1h55
Réalisé par Claude Berri, Frédéric Auburtin
Origine France
Genres Drame, Biographie
Thèmes L'armée française, Politique, Histoire de France, L'Occupation allemande en France
Acteurs Carole Bouquet, Daniel Auteuil, Patrice Chéreau, Jean-Roger Milo, Bernard Verley, Heino Ferch
Rôle Max (Jean Moulin)
Note66% 3.3436653.3436653.3436653.3436653.343665
Ce film retrace l'histoire de la vie de Lucie Aubrac pendant la résistance à l'occupation nazie, dont un "coup d'éclat" réussi... l'organisation d'un commando pour faire évader son mari Raymond Aubrac.
Le Dernier des mohicans, 1h52
Réalisé par Michael Mann
Origine Etats-Unis
Genres Drame, Guerre, Action, Aventure, Historique, Romance, Western
Thèmes Politique
Acteurs Daniel Day-Lewis, Madeleine Stowe, Russell Means, Jodhi May, Eric Schweig, Steven Waddington
Rôle Général Montcalm
Note76% 3.847833.847833.847833.847833.84783
En 1757, en pleine guerre de la Conquête, dans ce qui est alors la Province de New York, les Français, soutenus par les Hurons, se battent contre les Britanniques, aidés par les Mohicans.
Adieu Bonaparte, 1h55
Réalisé par Youssef Chahine
Origine Egypte
Genres Drame, Guerre, Historique
Thèmes Afrique post-coloniale, L'armée française, Politique, Histoire de France, Guerres napoléoniennes
Acteurs Patrice Chéreau, Michel Piccoli, Tahia Carioca, Gamil Ratib, Salah Zulfikar
Rôle Napoléon Bonaparte
Note64% 3.2412153.2412153.2412153.2412153.241215
En 1798, Bonaparte envahit l’Égypte et se pose en libérateur face à l’oppression turque. Il est accompagné du général Caffarelli, homme de cœur et d’esprit, qui se lie d’amitié avec deux jeunes Égyptiens. Au fur et à mesure, Bonaparte se révèle un conquérant sans scrupules et la résistance s’organise. Le général Caffarelli et ses deux disciples en feront partie.
Danton
Danton (1983)
, 2h16
Réalisé par Andrzej Wajda
Origine Pologne
Genres Drame, Biographie, Historique
Thèmes Théâtre, Politique, Adaptation d'une pièce de théâtre, Histoire de France, Révolution française
Acteurs Gérard Depardieu, Wojciech Pszoniak, Anne Alvaro, Patrice Chéreau, Bogusław Linda, Roger Planchon
Rôle Camille Desmoulins
Note74% 3.746233.746233.746233.746233.74623
Paris, dans un printemps 1794 qui semble glacé : les premiers plans montrent des sans-culottes se réchauffant près d'un brasero. Depuis septembre 1793 c'est la première partie de la Terreur, où la faction perdante, ici les moins extrémistes, sont menés à la guillotine.

Réalisateur

Persécution, 1h38
Réalisé par Patrice Chéreau
Origine France
Genres Drame
Thèmes Sexualité, Homosexualité, LGBT, LGBT
Acteurs Romain Duris, Charlotte Gainsbourg, Jean-Hugues Anglade, Hiam Abbass, Alex Descas, Gilles Cohen
Note54% 2.7036252.7036252.7036252.7036252.703625
Daniel approche de la quarantaine et l'ossature de sa vie affective commence à souffrir des complications de sa vie dissolue, il cherche l'amour avec Sonia mais leur relation semble lui procurer plus de peurs que de plaisirs fugaces. Un inconnu semble lui vouer un culte étrange ce qui ne fait que réveiller d'anciennes angoisses enfouies au plus profond de son passé... Après avoir assisté à l 'accident brutal d'un inconnu, Daniel va devoir se poser des questions sur lui-même et sur ce qu'il attend de la vie.
Gabrielle
Gabrielle (2005)
, 1h30
Réalisé par Patrice Chéreau
Origine Allemagne
Genres Drame, Thriller, Comédie, Action, Romance
Acteurs Isabelle Huppert, Pascal Greggory, Thierry Hancisse, Chantal Neuwirth, Thierry Fortineau, Clément Hervieu-Léger
Note62% 3.1485753.1485753.1485753.1485753.148575
Le film est un huis clos adapté sur une nouvelle de Joseph Conrad, The Return. Cette nouvelle raconte l'histoire d'un couple bourgeois (Isabelle Huppert et Pascal Greggory) du début du XX siècle, qui prend conscience qu'il n'y a jamais eu d'amour entre eux depuis dix ans de mariage.
Son frère
Son frère (2003)
, 1h35
Réalisé par Patrice Chéreau
Origine France
Genres Drame, Comédie
Thèmes Maladie, Sexualité, Homosexualité, LGBT, LGBT
Acteurs Bruno Todeschini, Éric Caravaca, Nathalie Boutefeu, Maurice Garrel, Sylvain Jacques, Catherine Ferran
Note66% 3.3476753.3476753.3476753.3476753.347675
Thomas vit à Paris, il est atteint d’une maladie incurable qui détruit ses plaquettes sanguines. Un soir, affolé, il débarque chez Luc, son frère qu’il n’a pas vu depuis longtemps afin de lui faire part de la gravité de sa maladie.
Intimité
Intimité (2001)
, 1h59
Réalisé par Patrice Chéreau
Origine France
Genres Drame, Romance
Thèmes Sexualité, Erotique, Thriller érotique
Acteurs Mark Rylance, Kerry Fox, Alastair Galbraith, Susannah Harker, Timothy Spall, Philippe Calvario
Note61% 3.0508653.0508653.0508653.0508653.050865
Barman dans un pub londonien, Jay, la quarantaine, vit seul depuis qu'il a quitté son épouse, et abandonné leurs deux enfants. Une fois par semaine, le mercredi après-midi, il reçoit la visite d'une femme avec laquelle il fait l'amour passionnément et dont il ignore tout, jusqu'au prénom. À son travail, il se lie d'amitié avec Ian, un jeune homosexuel nouvellement embauché, qui devient peu à peu son confident. Le temps passe et Jay éprouve le besoin d'en savoir davantage sur sa mystérieuse partenaire. Il se met à la suivre après leurs rendez-vous et découvre qu'elle est comédienne de théâtre, mariée et mère d'un petit garçon.
Ceux qui m'aiment prendront le train, 2h10
Réalisé par Patrice Chéreau
Origine France
Genres Drame, Romance
Thèmes La famille, L'action se déroule en une journée, Peinture, Sexualité, Transport, Homosexualité, Transsexuels et transgenres, Le train, LGBT, LGBT, Film se déroulant dans un train
Acteurs Jean-Louis Trintignant, Pascal Greggory, Charles Berling, Valeria Bruni Tedeschi, Vincent Pérez, Bruno Todeschini
Note65% 3.2970953.2970953.2970953.2970953.297095
Jean-Baptiste Emmerich, né à Limoges, artiste peintre scandaleux et tyrannique mort à Paris, veut qu'on l'enterre à Limoges au cimetière de Louyat. C'est par cette phrase qu'il règle ses dernières volontés, lui qui voyait arriver la mort et ne voulait pas partir en laissant les autres en paix.
La Reine Margot, 2h39
Réalisé par Patrice Chéreau, Emmanuel Hamon, Jérôme Enrico
Origine France
Genres Drame, Historique
Thèmes La famille, Politique, Sexualité, Politique, Histoire de France, Mariage, Royauté
Acteurs Isabelle Adjani, Daniel Auteuil, Jean-Hugues Anglade, Virna Lisi, Vincent Pérez, Dominique Blanc
Note73% 3.6983453.6983453.6983453.6983453.698345
La vie à la Cour et à Paris, entre les « Noces vermeilles » et le massacre de la Saint-Barthélemy.
Hôtel de France, 1h38
Réalisé par Patrice Chéreau
Origine France
Genres Drame, Comédie
Thèmes Théâtre, Adaptation d'une pièce de théâtre
Acteurs Laurent Grévill, Valeria Bruni Tedeschi, Vincent Pérez, Laura Benson, Thibault de Montalembert, Marc Citti
Note46% 2.30322.30322.30322.30322.3032
Quand ils avaient vingt ans, Michel et Sonia se sont aimes. Ils faisaient partie d'une bande de copains provinciaux, et Michel en etait le leader, celui qui "irait loin". Mais il s'est arrete en chemin, et voila qu'ils se retrouvent tous a une reception quelques annees plus tard. Sonia ne peut s'empecher d'etre decue et Michel d'en etre blesse.